Tableaux poétiques

Samya Pelloquin, jeune femme inspirée et inspirante nous livre un poème dense et profond sur l’exil, accompagné de dessins en noir et blanc, délicats et sensibles, pensés  comme des prolongements imaginaires, inspirés de scènes qu’elle à observé dans la nature et sur lesquelles elle projette des mots.

De son lien à l’écriture, elle dit ceci:

J’éprouve différentes émotions suivant ce que j’écris. J’aime donner vie à des histoires, les mots permettent de communiquer les multiples récits présents dans l’infini champ des possibles de nos imaginaires. Et surtout j’aime écrire de la poésie car elle me permet dans un élan brut et condensé de refléter mon rapport au monde, de décrire un instant de beauté ou un état présent mis à nu. Rythmée, chantée sans fin ni début comme une suspension autorisée amenant à la contemplation.

 

Tableau 1
Ils tremblent comme si plus rien ne les rattachait à la terre,
Corps dansants, jetés aux vents.
Peut-être parlent-ils au ciel avec leurs racines d’éther ?

Tableau 2
Ils venaient mourir dans l’infini.
Au départ de leur exil, leur structure grandiose réduite à une masse débile.
Ils laissaient la terre et pour nourrir l’oubli,
s’enfonçaient dans la mer,
s’enfonçaient dans la mer.

tableaux poetiques 3

Tableau 3
Pas complets et vivants
Pas complètement partis
Pas complètement ici.
Ils sont submergés, un baptême forcé baigné d’ignorance.
Ils entament une transhumance.
Issue inconnue.
Issue fatale.
Issue solvable ?
Ils errent entre deux terres avec l’espoir accroché au cœur,
Vie en pointillé.
Vie dépassée.
Vie rêvée ?
Loin du rivage on se perd. Soudain un arrimage modeste, solidité précaire dans une valse continue, de lieux vus puis laissés derrière.

Tableau 4
On est passé par là. Des traces, éphémères celles-ci, et des masses
de matières dont on ne connaît ni la naissance, ni la disparition, qui se croisent.
Qui regarde ?
Qui interroge ?
Comment croire à ses pas prudents et désorientés. Non sachant ils avancent à l’instinct, toujours dans l’ombre.
Un toujours ont-t-ils pensé, c’est long comment.
Entre ceux qui passent et ce qui demeure, deux versants.
L’un est,
l’autre n’est pas d’ici,
mais d’ailleurs ils arrivent désemparés.
L’un ne sait pas encore la détresse cachée alors observe ces âmes égarées,
trouver leur place dans des interstices inoccupés.

tableaux poetiques 33

Tableau 5
Accablés par ces passages sans arrêts, on les nomme rescapés.
Tombés à terre.
Repentis d’une chute supposée fatale,
oubliant un destin brutal,
ils peuvent dessiner l’espoir.
Et saisissant quelques bras tendus,
De là où ils sont, repartent.
Timides mais heureux de ce nouvel horizon.

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Samya Pelloquin

📷 Samya Pelloquin

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