« Musiciens, vos papiers ! »


La politique et la musique, à priori on les placerait dans des dimensions différentes.

 

Dans l’actualité, l’ONU interpelle la France pour ses violences policières.

Samedi 16 mars, convergence des luttes sociales et climatiques dans les rues de Bordeaux.
Certains CRS, prêts à en découdre, provoquent les manifestants avec leurs costumes de guerriers, leurs matraques en alerte et leurs sourires narquois.

« Première sommation », prévient le chef des CRS avec l’intonation d’un cow-Boy du sud ouest.

« Deuxième sommation », la tension monte, leurs regards deviennent de plus en plus belliqueux

« Troisième sommation »

Les coups et les grenades de désencerclement pleuvent, provoquant l’apparition de visages ensanglantés et d’œils gonflés par des bombes lacrymogènes activées à bout portant.

« Douce France » …

Ce sont ces « forces de l’ordre » qui constituent le corps intermédiaire entre nous et les représentants d’une politique que l’on peut gentiment qualifier de répressive.

  « La liberté d’expression, vaste plaisanterie » I am – 1997

« Je ne peux pas avoir foi en la politique. Tout est malhonnête, c’est à chier » Yudimah – 2019

 

La musique devient alors acte politique.
L’arme dénonciatrice des peuples, d’ici et d’ailleurs, trop souvent méprisés.
Dans le cortège, des musiciensIls fédèrent le groupe, le rendent plus jovial et déterminé. Ils donnent le rythme de la ferveur populaire.

A un très haut level, ils font partie de la réalité du peuple ; celle de la culture de la démerde. Ils brandissent alors leurs instruments au service du collectif.
vivres de l'art

Autre lieu, autre forme d’action.

 

Le 14 et 15 mars KiéKi Musiques , Miaou Records et l’Université Populaire de Bordeaux (ONT) ont organisé une soirée autour du lien entre politique et musique en focalisant la thématique sur les migrations. Thème beaucoup trop souvent instrumentalisé à des fins politiques ; en dépit des valeurs humaines.

« Ce qui m’emmerde ce sont les assoiffés de pouvoir qui ne cherchent qu’à le garder » – un homme dans le public

Débats mouvants, conférences, concerts et expositions rythmèrent deux enrichissantes soirées dans ce lieu de partage remplis d’ondes positives. Les gens répondirent présents. Ils vinrent chargés de questionnements et avec la volonté de partager autour de ce thème qui cristallise de nombreuses problématiques.

La France peut se targuer du mélange culturel dont elle est composée. Or, les politiques migratoires restent frileuses face aux femmes, aux hommes et aux enfants qui partent de leur pays en ayant comme ligne de mire l’ouverture de leurs possibles.  Certains, magistralement photographiés par l’Oeil de Ken et exposés pendant l’événement, imprègnent le lieu de leur aura.
Kefah, par L'Oeil de Ken vivres

📷 L’Oeil de Ken

 

Parfois ils viennent de pays où la musique est contrôlée. Tout se passe alors dans un monde underground. En Iran, comme le témoigne Yara, les concerts endossent le rôle d’actes de résistance qui animent les caves des villes et des villages atrophiées par des politiques autoritaires. Rien ne s’oppose à ces nuits musicales qui délivrent des messages d’espoir libérant ainsi, le temps d’un instant, les corps et les esprits du poids de la société.

Quand ils arrivent en France ces musiciens passent au dessus des problèmes d’inclusion pour partager la richesse de leur culture et de leur histoire.

 « On peut vivre avec tout le monde grâce à la musique » – un musicien de Méso Ensemble

 

kieki vivres

 

Le groupe Méso Ensemble, qui a joué le soir du 14, a parfaitement illustré cette affirmation. Les sonorités orientales ont suspendus le temps et l’espace. Les couleurs, les textures, les nuances et la profondeur qui émanèrent des instruments et de leurs chants traditionnels nous remplirent d’émotions tout en nous rappelant que la musique (ou l’art en général) tient sa force dans son universalité.

C’est pour ça que, comme François Rufin (et c’est un politique qui le dit!), chez Holl France on « place l’art au dessus du pouvoir »

Merci à KiéKi Musiques, Miaou Records et l’Université Populaire de Bordeaux (ONT) d’avoir organisé ces soirées !

After a while, crocodile !

J.J.G.

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