JJG au concert de Gonzales

 


Le 15 février 2019 restera gravé dans ma mémoire : départ larmoyant de Juppé de la mairie de Bordeaux et concert de Gonzales dans le l’éclectique décors du théâtre Femina. Ce lieu de spectacle historique peut être personnifié tellement il prend aux tripes.

femina-1

L’œil, curieux, s’attarde sur toutes les expressions artistiques qui habillent ce théâtre.

Vers 21h, on est subitement plongés dans le noir. Toutes les conversations, même les plus animées, cessent. Excités, on sent qu’il arrive.

Gonzales entre alors en scène sous les applaudissements effrénés d’un public déjà conquis. Il ressemble à un personnage de roman fantastique. Un Dracula des temps modernes. Sapé (comme jaja) d’une robe de chambre en velours, il accapare l’espace et suspend le temps.

gonzales dracula
Il a une gueule, un charisme et une aura que personne peut test.

« Oups je l’ai touchée dans le coeur »

La musique de Gonzales est une expérience sensorielle marquante. Une explosion de sensations. Le piano, désarmant d’élégance, est ingénieusement placé au centre gauche de la scène ; à la place du coeur.
Cet artiste s’adresse directement à notre inconscient. Il saute par dessus les barrières de l’enveloppe sociale et nous touche de l’intérieur. Les frissons parcourent notre corps, un kiff absolu s’empare du public.

gonzales 6

Sa musicalité fait atteindre le 7ème ciel. Il met à l’amende. C’est la démonstration d’un talent hors du commun et hors du temps .

Un talent gargantuesque.

L’art le possède, le transcende. Ses mains, dont le reflet dans le piano intensifie l’impact,  prennent vie. L’aisance de la diversité des mouvements met en note l’amour, la peur, la colère, la chaleur, le rouge, le noir, la faune et même les souvenirs…c’est beau, c’est fluide, c’est d’une pureté indescriptible.

« Damned ! »

Gonzales est magistralement accompagné d’une violoncelliste nymphique et d’un batteur barbu à bretelles. Le trio Piano/Violoncelle/batterie va de soit. C’est comme une évidence.

gonzales groupe

Ça match.

Les images, provoquées par les sons, se bousculent dans notre esprit. Parfois on se regarde avec Maeva, ma besta, l’émerveillement se lie dans la lueur de nos yeux. Une sensualité émane des musiciens qui font corps avec leurs instruments. On se retrouve témoins de la fusion du classique et du moderne, de la fusion des époques et de la fusion des styles musicaux. La musique classique, le Jazz, le rock, et le rap se complètent le temps d’une soirée. Il forme un « tout » qui frôle la perfection.

Hypnotisant comme Le chant des sirènes.

Solo Piano III ; 3 musiciens, 3 instruments, 3 rappels tubesques.

« San » ça veut dire trois
« San » ça veut dire Monsieur

Merci Monsieur Gonzales, le San(g)

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Il y a un bémol. C’est malheureusement un spectacle qui s’adresse à une partie de la population. Alors que Gonzales va droit au coeur, dépassant ainsi toutes nos particularités, son public est restreint. Par ricochet, son impact aussi.
Dans la salle, des blancs, classe moyenne sup/BOBO/bourgeois, très bordelais, entre 35 et 70 ans. Quel dommage. Le prix en témoigne (54euros la place) on pointe encore du doigts les inégalités face à l’accès à la culture (en gardant à l’esprit que, bien sûr, toutes les cultures se valent).
Bourdieu est toujours d’actualité :

« La cécité aux inégalités sociales condamne et autorise à expliquer toutes les inégalités, particulièrement en matière de réussite scolaire, comme des inégalités naturelles, inégalités de dons ». Les Héritiers (1964) Pierre Bourdieu.

 

JJG.

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