Rencontre : La Vague


Thérèse et John, duo parisien, confondent leur univers avec « La Vague« , un cocktail de genre qui ne nous a pas laissé indifférents.

En attendant de pouvoir les voir près de chez vous, voici un avant-goût de notre rencontre :

LA VAGUE_ART ROCK_TITOUAN MASSE

Holl France : Communément, une vague c’est l’alchimie entre l’eau et le vent, Thérèse et John, … Alors qui est qui ? Comment a débuté l’aventure, votre rencontre ?

       Thérèse : C’est beau ce que tu dis 🙂 Mmm pour ma part, je dirais que ça dépend des jours. J’avoue qu’au fond, j’aurais quand même tendance à dire qu’une bonne bourrasque, ça me ressemble pas mal.

              John : Moi mon élément c’est l’eau mais va savoir si ça à un rapport… il y a beaucoup d’inconscient dans ce qu’on fait, on aurait pu s’appeler ICEBERG. [rires]

H.F : On n’est pas arrivé à vous coller une étiquette… Indie-électro-rock-pop-disco-hip/hop-soul ? [rires]

       T : Disco! C’est la première fois qu’on nous le sort celui-ci ! Tous, les autres font en effet partie de nos influences. Et c’est un peu sans le vouloir qu’il y a une étrange synthèse de tout ça dans nos morceaux. Le seul truc que je peux affirmer, c’est qu’on n’a pas voulu se coller une étiquette de création en se disant “on va faire du rock à la …”. On avait besoin de se laisser cette grande liberté. Si je te dis que les artistes que j’ai le plus écouté c’est Lauryn Hill, Nina Simone, Amy Winehouse, Kendrick Lamar, MIA, Rihanna, Lana del Rey, Nicolas Jaar, Paul Kalkbrenner, Radiohead, Portishead et Die Antwoord, tu comprends mieux? [rires]

              J : On essaye de marier les musiques qu’on aime sans s’enfermer dans une case. Déjà ado j’aimais Metallica NTM et George Brassens… On veut faire un truc avec notre éclectisme. Die Antwoord fait ça à merveilles par exemple.

H.F : L’EP ‘Serotonin’, sortie en mai dernier, c’est 4 morceaux, 4 univers différents, on passe d’un rock-électro puissant à une indie-pop décomplexée, quel est votre secret de composition ? Comment gérez-vous les rôles dans cette formation ?

       T : On peut probablement (tenter de) catégoriser les morceaux dans des genres ou sous-genres. Quoiqu’il en soit, l’énergie, la vibe est assez commune. Y a toujours ce côté un peu absurde dans nos textes, une espèce de tension contenue et continue qu’on lâche à la fin des morceaux. Je suis essentiellement sur les textes, les mélodies et les quelques idées de “base” (souvent des percus) et John habille tout le reste autour.

              J : On joue beaucoup avec le ressort frustration/libération, ça doit nous ressembler d’ailleurs parce que c’est pas calculé, j’ai remarqué ça à posteriori ! Moi ce que je veux faire c’est un mélange de ritournelles pop imparables et de passages instrumentaux qui te collent au plafond.

 

 

H.F : Dans ‘Hardcore Melancholia’, vous pointez du doigt le stress, le besoin de réussite, le burnout, au travail par exemple, mais aussi dans la vie. Quelle est l’origine de ce morceau ? A qui s’adresse-t-il ?

       T : Ravie que tu aies compris les paroles jusqu’au bout! Peu de gens prennent réellement le temps de le faire 🙂 L’origine du morceau, c’est mon propre burn out à l’époque où je bossais dans une grande maison de luxe. C’est aussi celui de tous mes anciens collègues, de mes potes, de mes anciens camarades d’école etc. C’est celui d’une génération entière. Ces gens pour qui le seul horizon proposé par le système est le stress de la performance (tous domaines confondus) au quotidien, puis l’arrivée du weekend pour aller se bourrer la gueule pour oublier, prendre des prods pour se faire des câlins. Le seul but dans tout ça? Faire des ronds, certes, et nous (je parle de notre génération et des générations futures) empêcher de penser. Parce qu’un peuple qui pense c’est un peuple difficile à gérer. On nous abrutit d’entertainment pour mieux nous asservir. On nous fait croire qu’avoir un iPhone18 va nous rendre plus heureux. Le coma de la conscience humaine. C’est d’une tristesse infinie. D’où le titre de la chanson, Hardcore Melancholia.

Ce morceau s’adresse à tout le monde, mais en particulier à ceux qui sont en âge de penser le monde et travailler; qui ont une responsabilité vis-à-vis du monde dans lequel on vit, dans la construction de notre futur (coucou la génération Y). Ce morceau, il te demande si tu es entrain de faire ce que tu as choisi de faire/ce que tu as envie de faire et si ce n’est pas le cas, pourquoi. C’est peut-être aussi un chanson pour se donner le courage d’y réfléchir et de passer à l’action. Combien de fois par jour est-ce qu’on se dit “j’y vais? j’y vais pas? mais non, je ne peux pas parce que…” et on s’invente 40 000 bonnes raisons de ne pas “prendre de risque”.

La vie, c’est prendre des risques. On a toujours peur de se tromper. Mais par rapport à quoi? Dans la vie, on n’échoue pas. On réussit ou on apprend – même si on en bave souvent hein. C’est la seule façon d’avancer.

              J : Cafés ?

H.F : ‘La Vague’, plutôt un flux-reflux apaisant ou un tsunami dévastateur ?

       T : Je dirais sans hésiter tsunami apaisant. C’est la musique qui te dit “tu pètes un câble? c’est pas grave, nous aussi mec!”. Tu sais qu’après le creux de la vague revient la crête… En vrai, c’est aussi un flux-reflux dévastateur au sens où on va parfois lâcher des passages très pop en disant des trucs atroces qui remuent (cf. Say Goodbye).

              J : LA VAGUE c’est une mer d’huile ou la tempête du siècle mais t’as pas pieds et tu vois jamais le fond.

 

 

H.F : On a entendu votre audacieuse reprise de ‘What is love ?’, audacieuse parce qu’habituellement on ne peut s’empêcher de visualiser le visage de Jim Carrey, et pourtant vous nous le faites oublier, laissant place à une ambiance plus lourde, plus planante. D’où vous vient l’idée de cette cover ?

       T : [rires] J’ai peu de souvenirs de la genèse de ce projet. Je sais juste qu’on adore cette chanson tous les deux et qu’on avait envie de la reprendre. Pour ma part, ça me tenait à coeur de redonner à la chanson une seconde lecture, plus proche des paroles – qui sont franchement poignantes. Ça dit quand même “i don’t know, why you’re not there / i give you my love, but you don’t care” (trad : je ne sais pas pourquoi tu n’es pas là / je t’offre mon coeur, mais tu t’en fous ) … et “baby don’t hurt me no more” (trad : ne me fais pas plus de mal) . Bref, la ralentir, la rendre plus lourde et planante, c’était presque une évidence. Sur la live session qu’on a sortie, c’est Louis G. qui a bossé le la prod. il a fait du beau boulot!

Après, le truc rigolo, c’est aussi l’idée de la vidéo. A l’origine, la réalisatrice, Sandra Loterstein voulait faire ça dans un sex shop ou dans un stripclub. On trouvait ça cocasse de poser cette question “What is love?” dans un lieu totalement décalé. On a finalement atterri chez Castel, magnifique club dont la réputation libertine colle finalement assez bien avec l’absurdité l’esthétisme qu’on voulait mettre dans l’objet.

              J : C’est le genre de chanson que tout le monde connait sans même savoir qui l’a écrite, elle a dépassé son auteur, pour moi c’est un classique. Cette mélancolie servie par des mélodies imparables sur fond d’eurodance, c’est très subtil alors que c’est vendu comme un gros hit bien commercial. Le sous-jacent derrière l’innocence, j’adore cette idée.

H.F : Un deuxième EP en préparation pour ‘La Vague’  ? D’autres projets à venir ?

       T : Ouiiiiii! On est en pleine composition en ce moment et on s’amuse beaucoup. Tu pourras ajouter “ethnico-futuriste” à “Indie-électro-rock-pop-disco-hip/hop-soul” [rires]. On explore plein de choses, c’est très excitant. On cherche à aller plus loin dans les partis pris tout en étant plus concis/ramassés. Par ailleurs, on fait partie des 6 groupes sélectionnés par le Grand Zebrock cette année. L’accompagnement tombe à pic pour nous aider à structurer toute cette tempête intérieure qui opère dans nos têtes en ce moment.

A côté de ça, on bosse sur des collabs avec les Cheaper Shepherd et leur nouveau projet Fastlanes et le producteur Modgeist. Plein de jolies choses pour 2018…!

H.F : Où est-ce qu’on pourra vous retrouver prochainement pour vous voir en vrai ?

       T : Le 2 mai au Nouveau Casino aux côtés de nos copains Tomy Lobo et Escape from Acapulco puis le 16 mai au centre FGO Barbara pour la demie finale du Zebrock. Avant ça, il risque d’y avoir un événement surprise le 3 avril, mais on ne peut pas encore vous en dire plus… Faudra guetter sur la page Facebook !

H.F : Si vous passez sur Bordeaux, vous viendrez nous voir ? 🙂

       T : Grave, on amène quoi?

              J : Y aura des cannelés ?

 

                                                                                                                                               ”

 

Affaire à suivre 😉

Venez retrouver La Vague ici :

YT : https://www.youtube.com/channel/UCMkw1EHyhPgH9OtW97KuhWA
FB : https://www.facebook.com/lavaguemusic/

Et venez nous retrouver sur Facebook et Youtube pour ne pas louper les dernières vidéos !

Crédits photos : Marta Bevacqua, Titouan Massé.


 

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