Assistant d’éducation et auteur de thriller : rencontre avec Anthony Nabli

Le lycée Trégey – Rive de Garonne, situé sur la rive droite, abrite des surveillants aux aspirations multiples. Certains manient la photo, d’autres l’écriture. C’est le cas d’Anthony Nabli. Et plutôt bien même, puisqu’il vient de voir son premier thriller, « Somnophrénie », publié aux éditions Castalie.

Né à Paris, Anthony Nabli passe les premières années de sa vie dans la capitale, pour des souvenirs logiquement épars. Fils de tunisien, il passe une partie de son enfance à Sousse : « j’ai profité d’un cadre bourgeois européanisé, dans une école française ». Une scolarité appréciable dans un cadre de vie aisé laisse un bon souvenir à Anthony. La séparation des parents entraîne une migration vers Angoulême. Il y suivra l’intégralité de sa scolarité, de l’école primaire à la terminale littéraire.

Une fois le baccalauréat en poche, il descend en Gironde pour y s’inscrire en faculté d’Histoire. Un choix naturel : « gamin, j’ai été nourri au récit historique. Déjà, par le discours de ma grand-mère institutrice et passionnée d’histoire. Elle m’a transmis son goût pour cette matière, notamment en me faisant visiter les châteaux de Charente ». Son Master 2 en poche, il œuvre dans l’Education Nationale. Une année en tant que professeur contractuel d’Histoire-Géographie sur Lacanau, avant d’embrayer comme assistant d’éducation au lycée Trégey de Bordeaux. Anthony travaille à plein temps depuis le mois de septembre 2015. Son quotidien ? « Les missions habituelles du surveillant : nous gérons la vie quotidienne des lycéens. Nous évoluons auprès d’un public dynamique. Et puis j’ai la chance d’évoluer auprès d’une belle équipe d’AED (assistants d’éducations), soudée ». Le reste de la semaine ? Anthony rejoint son appartement de Villenave-d’Ornon. Passionné de littérature, il consacre une partie de son temps libre à l’écriture depuis qu’il est en classe de quatrième : « au début, j’écrivais la suite d’histoires aimées. Progressivement, j’en suis venu à rédiger mes propres intrigues. Pendant longtemps, ce n’était que pour mon plaisir personnel ».
Féru de thrillers, Anthony alimente ses écrits grâce à des fictions « Twin peaks, X-files et Luther, « la quintessence des séries policières ». Des lectures se mêlent aux séries pour agrémenter un univers où l’intrigue forte est légion. « Lune de miel », de Franck Thilliez, marque le néo romancier :« son écriture m’impressionne énormément, avec des personnages très forts, très marqués. C’est une référence ». La spatialité des écrits de cet assistant d’éducation de 27 ans prend forme grâce à des situations de la vie quotidienne. L’inspiration lui vient souvent en marchant : un décor, une ambiance va plus facilement l’influencer qu’une rencontre. D’ un décor naît le sentiment, immédiatement retranscrit. Progressivement, Anthony intensifie ses séances d’écriture. Vient l’envie de passer le cap, d’être publié.

La version originelle de « Somnophrénie », son premier roman, est achevée fin 2012. Comme on peut le deviner, le récit mobilise la schizophrénie et le somnambulisme, deux tares propices à l’instauration d’un univers sombre et captivant. Si la schizophrénie est présente dans plusieurs thrillers, le somnambulisme se fait plus rare. Alors le mélange de ces deux sujets est l’occasion rêvée pour se démarquer : « je parle de schizophrénie parce que c’est un sujet qui me touche beaucoup, en plus d’être très intriguant. Pour moi, les auteurs proposent, tels des agences de voyages, les mêmes destinations avec des forfaits différents. Je me suis dit qu’incorporer une pathologie comme le somnambulisme serait original ».« Somnophrénie » est un livre haletant, où sommeil difficile et personnalité dédoublée croisent le fer dans une ambiance policière efficace. Quand on demande à Anthony si son premier roman est un thriller ou un policier, il penche pour le premier : « la différence entre thriller et policier est faible. Je dirais que c’est un thriller. Même si une enquête est menée, on s’éloigne du policier pur et dur. Voilà : je considère plus mon livre comme un thriller qu’un polar à la Nestor Burma ! ».
Quand il n’est pas derrière son ordinateur, Anthony profite des points de rencontres culturelles de la belle endormie. Avec, encore et toujours, une prédilection pour les mots. Il n’est pas rare de le retrouver dans les librairies, à la Fnac ou à la Zone du Dehors. Pas uniquement par plaisir («je suis un gros consommateur de livres »), mais aussi « professionnellement ». « Somnophrénie » est publié dans une petite maison d’édition lyonnaise. De ce fait, elle n’est disponible en version physique qu’en Rhône-Alpes. Pour le moment. Le budget communication des éditions Castalie étant logiquement limité, l’assistant d’éducation/auteur démarche lui-même les librairies bordelaises. Avec le bouche-à-oreille comme principal atout, il s’est également mis aux réseaux sociaux : « moi qui n’avait pas Facebook avant, il a fallu que je m’y résolve ! ».

Somnophrénie, disponible depuis le 4 mars 2017, collectionne les retours positifs. Si le thriller réuni un public éclectique, les avis sont pour le moment unanimes. Ce qui n’est pas pour déplaire au principal intéressé : « le livre est autant apprécié par des gros lecteurs de thrillers que par des lecteurs occasionnels. Il y a aussi l’idée de partage : les gens apprécient ce que je leur transmets. Il y a quelque chose de gratifiant, je le reconnais. On me demande même la suite ! ».

Lucas Rougerie
 / lucasrougerie

« Somnophrenie » est disponible ici

Wilfried Gray, jeune professeur d’Histoire-Géographie, est victime de violentes crises de somnambulisme de plus en plus dévastatrices. Mais qui aurait pu imaginer ce que dissimulent ses symptômes ? Sur l’île de B, les deux cents habitants sont retrouvés morts, enduits de cire et comme en représentation. Isaac Karzim, inspecteur de police, génial mais schizophrène, va être chargé de l’enquête. Que va-t-il trouver dans cet enfer glacé le confrontant à ses pires démons ? L’un plongera dans la folie, l’autre cherchera à en sortir. Un destin croisé dans une atmosphère lourde de secrets insoutenables.

Un commentaire sur “Assistant d’éducation et auteur de thriller : rencontre avec Anthony Nabli

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